Il n’y a pas de honte à se sonder

9 mai 2022

Après s'être entendu dire, à la trentaine, qu'elle devrait se sonder pour le reste de sa vie, Serena Green s'est sentie humiliée. Aujourd'hui, elle n’éprouve plus de honte à se sonder, mais son parcours vers l'acceptation dans les années qui ont suivi a impliqué des amis, des membres de sa famille et des professionnels de santé.

Serena Green

Serena a vécu sans le savoir avec un dysfonctionnement de la vessie pendant des années et ce n'est qu'à la suite d'un examen IRM, à la suite d’une hernie discale, que le problème a été identifié.

L'IRM a montré que j'avais une très grosse masse dans l'abdomen, ce qui a nécessité un peu d'exploration. On s'est ensuite aperçu que j'avais une assez grosse vessie, ce dont je n'étais pas forcément fière, mais tous les tests que j'ai passés par la suite ont montré que la hernie discale avait potentiellement endommagé certains nerfs de ma colonne vertébrale. Cela signifie que j'ai totalement perdu la sensation du besoin d'uriner. Mon corps a totalement surcompensé cela et j'ai d'excellents muscles pelviens.

Je n’ai donc malheureusement plus cette sensation d’avoir envie d’aller aux toilettes et même si c’était le cas, je ne pourrais plus la contrôler.

Après le diagnostic

À la suite d’un bilan urodynamique, Serena était au début très réticente à l'idée de devoir se sonder et on lui a donné la possibilité de prendre un peu de temps pour réfléchir aux options. Quand on m'a dit que j'avais un problème avec ma vessie, j'étais absolument mortifiée. On ne s'attend pas à ce que, à 40 ans, on vous dise que votre corps vous fait défaut et que vous risquez d'avoir besoin d'une dialyse. Ce fut un moment charnière pour moi. Je ne me suis pas occupée de ce problème que j'ai essayé de cacher. Mais deux ou trois ans plus tard, je savais que le problème s'aggravait. Je ne pouvais plus du tout uriner. J'étais très mal à l'aise. J'avais l'air très ballonnée et en surpoids. Je suis donc retournée faire une deuxième série de tests urodynamiques avec un charmant consultant et une fabuleuse infirmière spécialisée en urologie, et nous avons discuté des différentes options. J'ai fait le grand saut et j'ai décidé de commencer à me sonder.

Ce n'était pas une étape facile. Je me suis sentie humiliée, très gênée et, comme c'est nouveau, la plupart des gens ne supportent pas bien le changement, surtout lorsqu'il s'agit de quelque chose qui concerne le corps. C'était une période assez difficile et je suis très reconnaissante envers mon adorable mari de m'avoir soutenue.

Apprendre le Sondage Intermittent

Apprendre à se sonder peut-être un processus relativement court, mais l'apprentissage qui suit votre premier rendez-vous avec un professionnel de santé peut être un processus plus long. Lorsque j'ai commencé à m'auto-sonder, l'infirmière spécialisée en urologie à l’hôpital a été très patiente avec moi, mais vous êtes dans un environnement très différent de la maison. J'étais sur un canapé et elle me montrait ce qu'il fallait faire. Elle m'a expliqué très clairement ce que je devais faire et à quelle fréquence je devais m'auto-sonder, puis m'a renvoyée chez moi avec quelques sondes pour commencer.

Bien sûr, passer de cet environnement stérile, à sa propre maison, et à sa propre salle de bain, a été une transition assez difficile. Donc, le conseil que je donne à toute personne qui débute est de s'installer dans sa propre salle de bain le plus rapidement possible et de s'entraîner aussi souvent que possible. Évidemment, vous ne voulez pas vous sonder des centaines de fois par jour. Faites-le quand vous en avez besoin, mais offrez-vous beaucoup de calme et de tranquillité - fermez la porte de la salle de bains pour que les enfants, la femme, le mari, les animaux n'entrent pas vous déranger. Prenez le temps d'apprendre comment votre corps fonctionne et ce qui est le mieux pour vous lorsque vous utilisez une sonde.

Un Soutien crutial

Serena n'a pas été seule dans son parcours avec le sondage intermittent (SI) et elle fait l'éloge de ceux qui ont été là pour la soutenir tout au long du chemin. Je me sens comme une sportive avec mon équipe autour de moi, en particulier les infirmières, car elles ont fait disparaître toute la gêne que je pouvais ressentir. Ces hommes et ces femmes sont confrontés au SI chaque jour de leur vie et c'est normal pour eux. Ils ont déjà vu tout cela, ils l'ont déjà fait, ils ont déjà répondu à toutes ces questions bizarres.

En plus des professionnels de santé, j'ai eu d'autres aides précieuses tout au long de mon parcours. Mon mari est évidemment fabuleux. Nous partons souvent en vacances et c'est lui qui prend le soin de trouver des toilettes adaptées pour moi. Il sait que je suis très exigeante et que je veux du savon, des serviettes propres et une bonne lumière, il est formidable pour cela. Je peux le prêter si quelqu'un a besoin de l'emprunter !

Au cours de cette première année, j'ai eu quelques conversations délicates avec des amis et des collègues. Ils étaient un peu gênés, mais cela m'a donné l'occasion d'apprendre à parler aux gens du sondage intermittent. Au fil du temps, ces conversations m'ont rendu beaucoup plus positive et confiante à propos du SI. Lorsque vous commencez à parler aux gens, vous n'êtes plus gêné et je n’éprouve plus de honte à me sonder.

Conseils

Six ans après avoir pris la décision de commencer le SI, Serena souhaite partager quelques conseils avec les femmes qui commencent à utiliser des sondes. Je suis très passionnée par le SI parce que cela a fait une très grande différence dans ma vie et dans la façon dont je me sens physiquement, alors je veux vraiment que tout le monde puisse bénéficier de cette positivité.

Buvez

Le premier conseil que je donne à toute personne qui entreprend ce parcours est de rester hydratée. Nous entendons tout le temps parler des bienfaits de l'eau et c'est particulièrement important lorsque vous vous auto-sondez car cela peut réduire le nombre d'infections.

Soyez confiant

Mon autre conseil est d'avoir confiance en soi. Je pense que nous avons tous l'impression que nous nous auto-sondons parce que nous avons un problème avec notre corps, mais lorsque vous vous auto-sondez, vous devez vous sentir positif. Alors soyez confiant dans ce que vous faites, croyez-moi, personne ne vous regarde quand vous utilisez des toilettes publiques !

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Sujets: Sondage Intermittent, Santé féminine, Vessie neurogène